Orientation des jeunes : un élève sur deux s’estime mal accompagné

Alors que les mouvements contestataires touchent actuellement les lycées, une étude menée par le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) pointe du doigt les lacunes de l’orientation des jeunes. Près d’un jeune sur cinq estime ne pas avoir le choix de son avenir professionnel après le bac.

Plus de quatre jeunes sur dix ne savent pas quoi faire après le bac

C’est ce que l’on appelle un mauvais timing. Ce mardi, près de 450 lycées ont été perturbés et une soixantaine ont été totalement bloqués en région parisienne et en province. La mobilisation des élèves s’est accrue à la suite de l’appel d’un « mardi noir » lancé par les responsables des syndicats lycéens. L’une de leurs revendications porte sur le choix de leur avenir à travers la loi Orientation et réussite des étudiants mise en place en mars dernier. Parallèlement, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) a fait paraître une enquête sur l’orientation des jeunes. Il apparaît que « seuls 57% des jeunes avaient un projet professionnel au moment du choix de leur orientation ». Ainsi, plus de quatre jeunes sur dix en classe de terminale n’ont aucune idée du métier qu’ils souhaitent exercer. En outre, 48% des jeunes expliquent ne pas avoir été suffisamment accompagnés par leur école. Un élève sur deux se sent donc mal accompagné par les professionnels de l’orientation.

Comment les élèves choisissent leur orientation ?

Choisir un métier selon son envie

« Et toi, tu fais quoi l’année prochaine ? ». La question de l’orientation résonne chaque année dans les couloirs des lycées. Dans l’étude du Cnesco, près d’un jeune sur deux suit d’abord ses goûts personnels pour un métier, pour un secteur d’activité ou pour une filière (45%). Les lycéens sont aussi conscients de la réalité du marché du travail puisque la possibilité d’être rapidement en emploi (7%), la sécurité de l’emploi (6%) et la certitude de réussir dans un domaine (6%) sont autant de raisons plébiscitées. Si les goûts personnels dominent le choix de la voie suivie, certains manifestent qu’ils n’ont pas eu le choix (18%). Ce constat est encore plus vrai pour les étudiants suivant un parcours d’enseignement professionnel (20%).

L’orientation des jeunes et l’importance des parents

Loin des idées reçues, l’orientation ne se détermine pas uniquement dans un cadre purement scolaire. 80% des jeunes interrogés expliquent ainsi que la question de l’orientation est évoqué avec les parents. 53% d’entre eux en font même « le principal interlocuteur », détaille le rapport du Cnesco. Les parents sont notamment présents pour guider leur enfant vers la meilleure voie professionnelle. De plus, la moitié des parents (55%) recherchent des informations sur l’orientation de leurs protégés afin d’optimiser la construction de leur projet professionnel. Le professeur principal, les camarades de classe, les amis et les autres membres de la famille constituent les autres partenaires de l’orientation des jeunes. Paradoxalement, les étudiants déjà orientés déclarent avoir entendu parler de leur filière grâce à un enseignant (37%) devant un parent (25%) et les recherches personnelles (17%).

Comment améliorer l’orientation des jeunes ?

Mieux connaître les débouchés

Dès janvier prochain, Parcoursup ouvrira ses portes. Il s’agissait de l’une des promesses de Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur : la plateforme d’orientation agrandira l’éventail des formations proposées. En revanche, les 1 158 jeunes interrogés précisent qu’une offre quantitative n’est pas le plus important pour réussir leur orientation. En effet, les 18-25 ans expliquent que « comprendre ses propres envies » est l’élément le plus important à la constitution du projet professionnel (58%) devant l’information sur les débouchés des filières (48%) et la connaissance des métiers (48%). Chaque année, le manque d’informations est pointé du doigt par les jeunes qui s’estiment peu et parfois mal informés. L’orientation des jeunes se passent d’abord par la collecte d’informations. Seuls « 11% des jeunes déclarent ne pas avoir cherché d’information », détaille l’enquête.

Une orientation pour tous ?

L’orientation des jeunes ne peut se limiter à suivre ses goûts et ses envies. Les lycéens – et les parents – le savent : les études ont un coût. Et parfois, des écoles s’avèrent inatteignables pour les foyers les plus modestes. En 2018, une étude de CSA Research révèle que le budget moyen global des études supérieures représentait plus de 7 000 euros par an et par enfant. Les frais de scolarité et le logement font partie des postes de dépenses les plus importants. Quasiment un jeune sur trois a dû renoncer à une formation à cause du coût des études (29%). C’est le premier frein à la poursuite d’études devant les résultats scolaires, la durée de la formation et l’éloignement géographique.

Privilégier l’orientation en ligne

A l’heure d’une digitalisation de plus en plus prégnante, les jeunes passent une majeure partie de leurs recherches personnelles sur le web. Les ressources numériques en matière d’orientation sont utilisées par 69% des jeunes interrogés. Les sites internet de l’Onisep ou de l’Etudiant sont les plus plébiscités, devant les sites de recherche d’emploi de l’Apec, Pôle emploi ou Monster. Le site MonSalonEtudiant.com a été créé dans cette logique de numérisation des services pour les lycéens et les étudiants. La plateforme digitale promet de dialoguer avec des représentants d’écoles à l’aide de salons étudiants en ligne programmés toute l’année. L’objectif est d’obtenir des informations rapidement et sans avoir à se déplacer partout en France.

L’un des grands enseignements de l’enquête rapporte que « le fait d’avoir un projet professionnel au moment du choix de son orientation a une incidence forte sur la satisfaction ». La réussite de l’orientation des jeunes passe donc par une prise d’information et un projet construit bien en avance. « Face à l’évolution très rapide des métiers, les jeunes doivent désormais être en capacité de savoir évoluer sur le marché du travail« , résume le dossier réalisé par le Cnesco.

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